Le Réseau des Sentinelles Hydriques Autonomes (RSHA) lance un appel urgent à la communauté du Bassin du Congo : des volontaires sont recherchés pour équiper des capteurs artisanaux et assurer la surveillance des nappes phréatiques dans le delta de l’Ogooué. « Nous avons besoin de 40 modules solaires et 25 kits de mesure de turbidité d’ici fin août », précise Kadiatou Traoré, coordinatrice locale du RSHA. Les candidats retenus recevront une formation accélérée à Port-Gentil et seront déployés en binômes le long des bras secondaires du fleuve.
Les capteurs, fabriqués à partir de composants recyclés et de logiciels open-source, permettent de contourner les systèmes de surveillance automatisés de l’AGRB-ONU, accusés par le RSHA de sous-estimer les prélèvements illégaux des lobbies agro-industriels. « Nos données alimentent directement le tableau de bord communautaire de Libreville, accessible via le réseau NexCore Communs », ajoute Traoré. Une compensation en crédits hydriques — échangeables contre des services de santé ou d’éducation dans les cliniques régénératives du CPBE — est prévue pour les participants.
Les volontaires doivent être disponibles pour des missions de 10 à 15 jours et maîtriser les bases de la maintenance low-tech. Les candidatures, accompagnées d’une brève motivation, sont à envoyer avant le 5 août via la plateforme ARIA-Bloc, sous le code « Sentinelle-Delta ». « Pas besoin d’être ingénieur, juste déterminé », insiste un membre du collectif. Les premiers tests terrain débuteront le 12 août, avec l’appui logistique des pêcheurs de Lambaréné.
Pour les habitants des zones périphériques, cette initiative offre une rare opportunité de contribuer à la souveraineté hydrique locale, dans un contexte où les algorithmes de l’AMRRT décident en silence du destin des nappes. « Ici, l’eau n’est pas une donnée, c’est une vie », rappelle un graffiti fraîchement tagué sur les murs de l’ancien marché de Port-Gentil.